Hommage à Maurice Béjart
By Massiga Faye
Trois semaines pour sublimer l’œuvre d’un artiste d’exception
Dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, Dakar accueille du 20 octobre jusqu’au 15 novembre 2008 un hommage au célèbre chorégraphe Maurice Béjart.
Placé sous le haut patronage de Me Abdoulaye Wade, cet événement se veut un vibrant hommage, un an après sa disparition, à ce talentueux chorégraphe qui fut l’une des grandes figures artistiques de son siècle. La manifestation est co organisée par le Ministère de la Culture, du Patrimoine historique classé, des Langues nationales et de la Francophonie, l’Ambassade de France au Sénégal, l’Ambassade de Suisse au Sénégal, l’Ambassade de Belgique au Sénégal.
Le chorégraphe célébré aujourd’hui a largement contribué au développement de la danse contemporaine moderne », a estimé lundi, lors d’une conférence de presse Awa Cheikh Diouf, directeur du Centre culturel Blaise Senghor, s’exprimant au nom du ministre de la Culture. Présenté successivement à Dakar, Saint-Louis et Ziguinchor, cet « Hommage à Maurice Béjart » vise à diffuser la pensée créatrice de cet artiste visionnaire auprès du grand public. Au programme, de nombreux événements en accès libre. Doté d’un immense talent, « Maurice Béjart a enrichi notre patrimoine artistique avec un sens prononcé du métissage culturel », a témoigné son excellence Jean-François Paroz, Ambassadeur de la Confédération suisse au Sénégal.
Un spectacle hommage, aboutissement de deux résidences artistiques à l’Ecole des Sables, présentera plusieurs solos dont l’un sera interprété par Germaine Acogny, directrice de feu l’école "Mudra Afrique" de Maurice Béjart. Sera également proposé un extrait du « Sacre du Printemps ». Ce spectacle sera présenté au Théâtre Sorano (samedi 25 octobre) et à Saint-Louis (lundi 27 octobre).
Une exposition itinérante de photographies de Maurice Béjart a été ouverte lundi à la galerie le Manège à Dakar (du 21 au 25 octobre), à l’Institut français de Saint-Louis (du 27 au 31 octobre), puis à l’Alliance franco-sénégalaise de Ziguinchor (du 10 au 15 novembre).
Seront également projetés dans ces trois villes aux mêmes dates, des documentaires sur l’artiste et ses créations ainsi que des images d’archives très rares. Avec par exemple, un documentaire sur « l’Ecole Mudra Afrique » (Jean-Pierre Berckmans, 1979) ou encore « La Marche du siècle » dans lequel Maurice Béjart évoque son père, le philosophe Gaston Berger.
Cet Hommage sera l’occasion de faire découvrir au grand public sénégalais l’œuvre de Maurice Béjart. "Faire découvrir" car son œuvre n’a jamais été présentée au Sénégal ; seul un spectacle de l’Ecole Mudra Afrique, constitué de créations et d’un solo interprété par Diane Grey sur le poème « Femme nue Femme noire » du président poète Senghor, avait été présenté par les élèves à l’issue de la première année de formation, en présence de Maurice Béjart.
Pourtant, il existe une relation particulière, chargée d’histoire et d’émotions, entre Béjart "l’Africain" et le Sénégal. Petit-fils de Fatou Diagne la Goréenne, fils du philosophe français Gaston Berger natif de Saint-Louis, Maurice Béjart n’a eu de cesse d’exprimer son attachement profond au continent africain. A travers son art, ses chorégraphies et ses mises en scènes tout d’abord où transparaissent les influences et les rythmes de l’Afrique. Egalement à travers ses liens avec le Président poète Senghor qui l’installa au Musée Dynamique de Dakar et lui fit ainsi rencontrer Germaine Acogny, sa « fille noire ». C’est elle qui dirigea l’Ecole "Mudra Afrique", créée à Dakar en 1977 à l’initiative de Béjart et qui forma les plus grands noms de la danse africaine. Ce lien fort renforce le choix de présenter cet Hommage à Maurice Béjart au Sénégal afin de sensibiliser le grand public sénégalais à son impact sur la danse du XXe siècle et de célébrer ainsi la mémoire de cette figure internationale de la danse.







